Le 25 juin 2008 Postes d’internes, le Ministère de la Santé bafoue la parole donnée

La répartition des internes par filière sur le territoire national à l’issue des Epreuves Classantes Nationales (ancien concours de l’internat), fruit de la concertation entre étudiants, internes, enseignants et pouvoirs publics, vient d’être révisée à coups de hache par le ministère de la Santé.

Cette année encore, l’ensemble des acteurs de la démographie médicale s’étaient réunis à plusieurs reprises pour demander d’une même voix que la moitié des postes d’internes soit affectée à la médecine générale et que l’autre moitié aille renforcer les autres spécialités. Changeant complètement de discours, le cabinet de la Ministre vient d’annoncer que l’augmentation du numérus clausus serait reportée à plus de 90% sur les postes de médecine générale. Cette décision unilatérale du cabinet de la Ministre est lourde de conséquences à plus d’un titre. Trop souvent choisie par défaut, la filière de médecine générale risque une fois encore d’être déstabilisée et dévalorisée, en contradiction totale avec le travail effectué depuis de nombreuses années. Les capacités de formation sont insuffisantes pour accueillir brutalement plus de 300 internes supplémentaires par an. Les besoins démographiques ne concernent pas que la seule filière de médecine générale, mais aussi et notamment les filières de spécialité médicale, dont la pénurie catastrophique amorcée contraste avec des moyens de formation opérationnels. Cette répartition en dents de scie dénote un manque profond d’anticipation, et met en péril à court terme l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire. En contradictions totale avec les nombreux éléments objectifs formulés par tous, cette décision ne répond pas aux besoins émis par les commissions régionales réunies a cet effet sous l’autorité des DRASS (services déconcentrés du Ministère de la Sante). Au sortir des ECN, les étudiants ne peuvent accepter d’être à ce point trompés pour satisfaire aux effets d’annonce politique de l’instant. L’ANEMF et l’ISNIH demandent donc que soit revue la répartition des internes à partir de critères objectifs, considérant tous les besoins de la population et tenant compte des capacités de formation.

Les futurs médecins que nous sommes ne toléreront pas une fois de plus d’être pris pour la variable d’ajustement du système de santé.

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