Les affectations en troisième cycle des études médicales en 2004 suite aux épreuves nationales classantes (ECN) Une étude de la DREES parue en Septembre 2005.

Source : Etudes et Résultats n°429 – septembre 2005 – Direction de la Recherche des Etudes de l’évaluation et des statistiques
 
 
Au moment où les étudiants ayant satisfaits aux ECN 2005 choisissaient leur poste en amphithéâtre de garnison, la Direction de la Recherche des Etudes de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) rendait publique les statistiques de l’année précédente concernant les affectations en troisième cycle des études médicales en 2004.
 
 
En 2004, 3368 étudiants ont été affectés sur l’un des 3988 postes d’internes offerts, soit une inéquation de 620 postes. Il apparaît clairement qu’il existe de grandes différences selon le sexe de l’étudiant. La médecine générale a représenté finalement 39% des postes pourvus. 60% des étudiants poursuivent leurs études dans la même subdivision géographique, 17% ont changé de subdivision pour pouvoir aller dans la discipline de leur souhait, 23% des étudiants ayant changé d’interrégion ont fait ce choix délibérément. 48% des étudiants restant dans leur subdivision ont été affectés en médecine générale.
 
La DREES rappelle que 2004 était une année de transition, avec la co-existence exceptionnelle de 2 épreuves : le concours de l’internat ancienne formule et les épreuves nationales classantes. Parmi les étudiants qui ont subi l’internat ancienne formule, 343 ont été affectés en médecine générale et 347 dans une autre discipline.
 
L’absentéisme des étudiants a été de 8%. Il y a 7% des candidats qui ont vu leur DCEM invalidé.
 
En 2004, il y avait 57% de femmes parmi les candidats.
 
L’attrait de certaines spécialités se confirme
 
Les spécialités médicales ont confirmé leur potentiel d’attraction auprès des étudiants. Bien que ne représentant que 19% des postes ouverts, elles représentaient 50% des affectations des 350 premiers candidats. 50% des postes de spécialités médicales ont été pourvus au 703e rang, et 75% au 1243e.
 
Les spécialités chirurgicales attirent également les étudiants, puisque 50% des postes ont été pourvus au 1094e rang, et 75% au 1739e.
 
Le groupe représenté par la pédiatrie, l’anesthésie-réanimation, la gynécologie obstétrique et la biologie médicale ont pourvus 50 de leurs postes au 1454e rang.
 
On retrouve dans le peloton de queue la santé publique, la médecine du travail et la médecine générale ; cette dernière a notamment pourvus 50% de ses postes offerts au 2804e rang. Selon la DREES, « cela ne signifie pas toutefois forcément que les candidats choisissent ces disciplines par défaut : d’une part , certains étudiants bien classés les ont effectivement choisies et d’autre part, ceux qui souhaitaient opter en leur faveur ont probablement accordé une attention moindre à la préparation des épreuves. »
 
On note par ailleurs que la féminisation varie énormément d’une discipline à une autre, de 29,5% en spécialités chirurgicales à 87,5% en gynécologie médicale.
 
Les postes non pourvus : surtout en médecine générale
 
Le taux global de postes pourvus a été de 84,5%, variant entre 44 et 136% (en effet, en raison de la dérogation accordée aux étudiants de pouvoir rester dans leur ville en choisissant médecine générale, certaines villes ont vu affluer plus d’étudiants qu’elles n’auraient du en accueillir). C’est surtout en médecine générale que les postes n’ont pas été pourvus, puisque la moyenne sur l’ensemble du territoire est de 66,7% de postes pourvus.
 
La mobilité géographique
 
Au total, environ 40% des étudiants ont changé de subdivision géographique. Pour 23% des étudiants, ce choix a été délibéré, c’est-à-dire qu’il n’était pas obligatoire pour obtenir la discipline. Le premier candidat qui a été obligé de changer de subdivision géographique pour obtenir une certaine discipline était classé 702.
 
Le taux de mobilité des étudiants varie beaucoup d’une ville d’origine à une autre.
 
Parmi les étudiants ayant choisi de rester dans leur interrégion d’origine, 48% ont opté pour la médecine générale.
 
La DREES note que « les étudiants qui proviennent d’une autre subdivision n’ont jamais choisi la médecine générale à Amiens, Reims et Saint-Etienne. »
 
Il apparaît ensuite très clairement que les comportements des étudiants originaires de la subdivision Paris Ile de France sont sensiblement différents de ceux originaires des autres subdivisions.
 
Conclusion
 
On peut regretter que les résultats et les statistiques de cette étude aient été publiés aussi tardivement. Nous espérons que les statistiques de l’année 2005 seront publiées plus tôt, puisque ce sont des documents de travail fondamentaux pour l’ANEMF et l’ensemble des participants au système éducatif de santé.
Il convient de rappeler une fois de plus que l’année 2004 était une année particulière, de transition, et que l’interprétation de ces statistiques doit se faire avec prudence. L’ANEMF attend avec impatience les résultats de 2005.