La Sarthe... Bientot en pénurie de médecin ?
La Sarthe... Bientot en pénurie de médecin ? ... Tout le monde se mobilise.
Dans le département de la Sarthe, la moyenne d’âge des médecins est de plus de 50 ans, et dans certains cantons, il y a moins de 3 généralistes pour 5 000 habitants avec peu de perspectives de voir de nouvelles installations.
Ce manque de médecins généralistes inquiète non seulement les professionnels de la Santé, mais aussi les élus.
A cette question en matière de santé publique, le gouvernement apporte différentes réponses :
- le numérus clausus porté de 5 100 à 6 200 de 2003 à 2005 et 7 000 d’ici 2007.
- des aides et incitations à l’installation dans certaines zones selon les conditions fixées par les décrets n° 1724 du 30 décembre 2005, relatif à l’installation et au maintien des professionnels de santé et des centres de santé dans les zones où l’offre des soins est déficitaire, et 1728 du 30 décembre 2005 relatif aux indemnités attribuées aux étudiants en médecine
Par ailleurs, la Mission Régionale de Santé, dans sa décision du 27 décembre 2005, a définit les zones déficitaires en médecins généralistes pour l’année 2006. Cette cartographie, définie à partir des Communautés de Communes, sera réactualisée annuellement.
En Sarthe, 6 Communautés de Communes sont concernées :
- Aune et Loir,
- Canton de Pontvallain,
- Pays Malicornais,
- Sud Est du Pays Manceau,
- Maine 301,
- Val de Braye.
ACTIONS DU CONSEIL GENERAL
- Aide expérimentale
Lors du vote du budget 2005, l’Assemblée départementale a débattu sur ce sujet de la médecine en milieu rural. Elle souhaite prendre des mesures pour enrayer ce phénomène d’insuffisance de l’offre médicale.
Dans un premier temps, le Conseil général a décidé de retenir, à titre expérimental, un projet de réalisation d’une maison médicale en milieu rural en faisant référence au partenariat Région/Département.
C’est ainsi que lors de la Commission Permanente du 8 juillet 2005, une aide expérimentale de 80 000 € a été attribuée à la commune de Luché-Pringé pour la construction d’une maison médicale multidisciplinaire, la Région intervenant à hauteur de 83 000 €.
La maison médicale de Luché Pringé a ouvert début décembre, elle accueille 2 médecins, un kinésithérapeute et une infirmière.
Un bilan de cette expérimentation sera fait après une année d’expérimentation.
- Prospection de professionnels et analyse de la situation actuelle
- Choix d’un prestataire Afin de mettre en place une véritable politique visant à favoriser l’implantation des professionnels en milieu rural, le Conseil général a retenu, une société préstatrice.
Ce prestataire a pour missions :
- d’assister les services départementaux dans la mise en oeuvre de la politique départementale visant à favoriser l’implantation de professionnels de santé en milieu rural,
- d’analyser la situation départementale actuelle en matière de démographie médicale,
- de recenser les besoins en matière d’offre médicale dans les zones rencontrant certaines difficultés,
- de prospecter les professionnels de santé susceptibles de s’installer en milieu rural,
- de mettre en place une politique d’accueil du professionnel de santé et de sa famille. Cette mission, qui a débuté au cours du 1er trimestre 2006, se terminera au cours du 1er trimestre 2008.
Par ailleurs, cette société et M. Pierre Hellier, vice-président du Conseil général en charge du dossier de la démographie médicale, ont rencontré les présidents des Communautés de communes concernés, afin de connaître leurs attentes en la matière.
- Participation au salon du MEDEC
Le Conseil général a participé, en mars dernier, au salon du MEDEC, salon professionnel des médecins qui réunit quelques 15 000 médecins. C’est la 1ère fois qu’une collectivité départementale participe à ce salon. Bien qu’ils n’aient pas, à ce jour, abouti, des contacts ont été établis avec des médecins désireux de s’installer en milieu rural.
- Étudiants en médecine
Le Conseil général a rencontré à deux reprises, les étudiants de la faculté d’Angers. Il s’agissait de les sensibiliser à l’exercice de la médecine générale et, plus particulièrement, à cet exercice en milieu rural, en les incitant à venir s’installer en Sarthe. Il s’agissait également de favoriser leur venue dans notre département pour leurs stages.
Le Conseil général réfléchit actuellement à des mesures concrètes, dans le cadre de la règlementation en vigueur, pour soutenir financièrement les étudiants en médecine. Ces aides pourraient prendre la forme de bourses d’engagement (bourses pendant les 3 années d’internat avec engagement de l’étudiant de s’installer en Sarthe pendant un certain nombres d’années), aides aux stagiaires de 3ème cycle (bourses aux étudiants effectuant leurs stages en Sarthe), aides aux frais de déplacements etc...)
- Décision du Conseil général
Lors de la séance plénière du 23 juin dernier, l’Assemblée départementale a donné délégation à la Commission Permanente pour prendre toute mesure nécessaire, d’une part, à l’implantation de professionnels de santé en zones rurales déficitaires et d’autre part, aux étudiants en médecine effectuant leur stage en zones déficitaires.
Elle sera notamment appelée à se prononcer sur un plan d’action décliné en cinq axes :
- La mise en œuvre concrète des possibilités offertes par les décrets 2005-1724 et 2005-1728 du 30 décembre 2005,
- La définition et la mise en place d’un tutorat des étudiants en médecine. Ce tutorat, pouvant être assuré par un médecin généraliste,
- Une reconnaissance de la fonction de maître de stages,
- Une campagne de sensibilisation des médecins généralistes afin de les inciter à devenir maîtres de stages, en étroite collaboration avec la faculté de médecine d’Angers,
- Une politique d’accueil des étudiants stagiaires, en particulier au niveau du logement.
- Actions des parlementaires sarthois
L’ensemble des parlementaires sarthois a cosigné, le 26 juin dernier, un courrier à M. Xavier Bertrand, Ministre de la Santé et des Solidarités lui indiquant les difficultés d’application de la législation compte tenu des critères retenues pour définir le zonage des territoires éligibles aux aides.
Les parlementaires souhaitent que des dispositions soient prises rapidement pour assouplir la réglementation en laissant plus de place à la responsabilité des autorités locales afin que soit donné le plein effet afin que la loi à la loi du 23 février 2005 soit pleinement efficace.
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