Hausse du numerus clausus : effet d’annonce ou réalité ?
La démographie médicale fait aujourd’hui les frais d’une politique irréaliste des années 80 et 90, qui avait réduit le numerus clausus jusqu’à 3200 en 1992. L’augmentation du numerus clausus jusqu’à 7000 est une bonne chose à condition de se donner les moyens de réussir.
Former plus de médecins devenait une nécessité, mais maintenir la qualité de l’enseignement médical et continuer à la faire progresser, c’est essentiel. Clairement, une telle augmentation du numerus clausus ne pourra se faire sans décupler les moyens mis à disposition de cette formation.
Décider à Paris d’augmenter le numerus clausus, infliger cette augmentation aux facultés, c’est un peu facile. Les conditions pédagogiques, réputées pourtant bonnes, se dégradent. Certaines facultés ont vu leurs promotions grossir de près de 50% en trois ans. Le nombre d’enseignants n’a, quant à lui, pas bougé, des facultés attendent de nouveau locaux, mais rien ne change.
La formation médicale ne se cantonne pas aux enseignants et locaux pédagogiques, elle est aussi complètement ouvertes sur le monde de l’hôpital. Les étudiants ont rapidement accès à des terrains de stage à l’hôpital, ces terrains de stage deviendront trop peu nombreux, entraînant des « embouteillages de blouses blanches », difficiles à supporter par les patients. L’augmentation du numerus clausus doit s’accompagner d’une politique avant-gardiste en termes d’enseignement clinique et théorique.
Cette augmentation ne fera connaître ses effets en matière de démographie médicale qu’en 2020 environ. Pendant encore quelques années, entre 3500 et 4000 médecins devront remplacer près de 9000 médecins partis en retraite. Nous n’éviterons pas le creux de la vague.
L’ANEMF demande que tout ne s’arrête pas là et que des moyens supplémentaires soient accordés. Le numerus clausus ne doit plus subir d’à-coups, une augmentation jusqu’à plus de 8000 (rapport Berland « démographie des professions de santé ») est souhaitable, mais ne peut être soudaine…
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