COMPTE-RENDU DE LA COMMISSION PEDAGOGIQUE NATIONALE DES ETUDES MEDICALES Le 30 Juin 2005



COMPTE-RENDU DE LA COMMISSION PEDAGOGIQUE NATIONALE DES ETUDES MEDICALES
- 30 Juin 2005 -



Etaient notamment présents :
  • Pr Denis Vital-Durand, Vice-Président de la CPNEM, doyen de la Faculté de Lyon Laennec
  • Mr Jobert (fonctionnaire du ministère de l’éducation nationale)
  • Mme Bellot (idem)
  • Pr Thuilliez, Doyen de la faculté de Rouen, le Doyen de la faculté de Reims
  • Dr Sibert (Rouen), Pr Braun (Nancy), Pr … (Marseille), Dr … (Paris 5), Dr … (Toulouse), Dr … (Lyon Nord)
  • Doyen de la faculté d’odontologie de Clermont-Ferrand
  • Pour l’ANEMF : Sylvain Iceta, Président ; Laurent Carteron, VP Etudes Médicales ;
    Vivien Triffaux, CM CPNEM
  • Pour l’ISNAR-IMG : Matthieu Shuers, Président





EVALUATION DE LA DEUXIEME PARTIE DU DEUXIEME CYCLE (matinée de 8H30 à 12H)


Denis Vital Durand (DVD) rappelle les objectifs de la précédente CPNEM qui avait eu pour mission de bâtir les modules transversaux que nous connaissons actuellement selon plusieurs axes : la proposition d’items, la promotion de la Médecine Générale, la mise en place de séminaire optionnel (médecine générale, toxicomanies, pathologie iatrogène) et de 6 certificats optionnels. Il estime, et c’est une des missions de la nouvelle CPNEM, qu’il est temps d’évaluer la mise en place de cette réforme. Il propose donc la réalisation d’une enquête sous forme de questionnaires auprès des facultés, des enseignants et des étudiants.


Dans un deuxième temps, on procède à un tour de table où chaque personne présente a mis en exergue les points dont il souhaitait parler en vue de cette évaluation. On peut retenir :
  • La grande hétérogénéité des enseignements d’une fac à l’autre. L’étude menée par Vivien en 2003-2004 a notamment mis en avant des grandes disparités en terme de volumes horaires, qui vont de 400 à 1000 heures de la D2 à D4 (on rappelle que l’arrêté prévoit 900 à 1000 heures d’enseignement durant l’externat). Certains intervenants estiment qu’on ne doit pas surcharger les étudiants.
  • Nécessité d’évaluation des certificats optionnels.
  • Un constat d’échec : les étudiants ne viennent pas en cours. En effet, tout le monde constate qu’il y a une opposition entre la préparation des ECN (qui se résume à du travail personnel et aux conférences) et l’enseignement pédagogique dispensé dans les facultés pour apprendre notre future profession. En résulte le problème de l’absentéisme que l’on connaît dans quasiment toutes les facultés. Les facultés sont vides le jour et pleines le soir. La Commission se propose, dans la limite de ses prérogatives, de trouver des solutions pour attirer les étudiants sur les bancs des amphis. Néanmoins, même si toutes les personnes présentent souhaitent revaloriser l’enseignement facultaire et rétablir la confiance entre les étudiants et les enseignants, la seule solution envisageable pour résoudre ce problème est la suppression des épreuves classantes nationales. Cette proposition peut être débattue mais pas dans la partie de la CPNEM consacrée à l’évaluation de la deuxième partie de DCEM.
  • Valorisation de l’Université Médicale Virtuelle Francophone, notamment dans la diffusion de documents nationaux de référence.
  • Participation des MG dans l’enseignement. En effet, la dernière réforme proposait de revaloriser la MG et de considérer le patient sous l’œil du cabinet du MG. Certains participants veulent connaître le degré de participation des MG à l’enseignement facultaire.
  • L’analyse des résultats des ECN. Un des derniers numéros de la Presse Médicale proposait une analyse de ces résultats.
  • Proposer des objectifs de formation prioritaire. Quand s’arrête-t-on dans les items ? En effet, ce point a été très largement débattu : au-delà de nombre d’items, il est très important de définir ou de redéfinir les objectifs propre à chaque items. Les enseignants ont tendance à la fois à vouloir augmenter le nombre d’items dans leur spécialité, mais aussi à augmenter le nombre d’objectif dans chaque item. Il est fondamental de se limiter à la fois dans le nombre et dans les objectifs propres à chaque items afin de définir de manière précise les connaissances « de base » du deuxième cycle sans empiéter sur les connaissances spécialisée du troisième cycle. Ainsi, la CPNEM va demander de réévaluer le programme dans chaque spécialisé en définissant les items prioritaires mais aussi les objectifs spécifiques à un deuxième cycle.
  • La question stages cliniques et de l’enseignement : en effet, avec l’augmentation du numérus clausus, les facultés vont être amenées à proposer des stages en périphérie. Hors cela pose problème concernant la présence au cours.


Comment faire l’évaluation ?

  1. Auprès des CNU, collèges nationaux d’enseignants.
    • Leur proposer une réactualisation des items avec une tendance à ne pas augmenter leur nombre ni le volume (« budget constant »).
    • Définir avec précision les objectifs
    • Référentiels nationaux
    • Recadrer les items en s’aidant des exemples des cas cliniques des ECN pour qu’ils comprennent bien l’esprit des questions posées aux ECN (pas trop spécialisé)
Ainsi, les différentes spécialités vont devoir évaluer leur programme actuel, ajouter ou supprimer certains items et repréciser si nécessaire les objectifs en étant plutôt orienté à la baisse. Ensuite la CPNEM, va comparer le programme actuel avec les nouvelles orientations des spécialités et faire une synthèse. Quoi qu’il en soit le programme ne devrait pas être bouleversé mais plutôt « toiletté », reprécisé et revu à la baisse.

  1. Au niveau des facultés : un questionnaire d’évaluation va être envoyé aux conseils pédagogiques. Seront abordés :
    • Organisation en modules ou en spécialités ? Comment est réparti le programme ?
    • Part des CM et des ED ?
    • Méthodes pédagogiques
    • Méthodes d’évaluation
    • Intégration des stages
    • Intervention de plusieurs enseignants
    • LCA
    • Mobilité des étudiants
    • Mise en place du stage de MG
    • Evaluation des stages
    • Evaluation des modules ?

  1. Auprès des étudiants
    • La Commission charge l’ANEMF de mener l’enquête, en reprenant les grandes lignes de la précédente et en insistant sur plusieurs points :
      • Enseignement combiné
      • Examens
      • Analyse d’article
      • Stages hospitaliers
      • Difficultés de mobilité
      • Préparation aux ECN


Le calendrier de l’évaluation
Les questionnaires vont être élaborés rapidement et envoyés dans les facultés à la rentrée universitaire. La commission a insisté sur le fait qu’il serait de bon ton que ce soit les Conseils Pédagogiques ou les responsables de la pédagogie locaux qui s’en chargent. La Commission attend un retour des questionnaires pour le 15 Octobre 2005 afin de pouvoir en discuter lors de sa réunion du 17 Novembre 2005.



REFORME LMD (Invité : Pr Claude FEUERSTEIN) (après-midi de 14H à 17H)

Cette première réunion consacrée à la réforme LMD a surtout permis de repréciser le cadre général de la réforme et d’avoir une discussion sur le réel intérêt d’une intégration du cursus médical à cette réforme.

Dans un premier temps, monsieur le Pr Claude Feuerstein, Chargé de Mission LMD au Ministère de l’Education Nationale nous a présenté les bases de la réforme LMD et les enjeux de son application aux études médicales.

Sur un plan de politique général, le Pr Feurstein a clairement affirmé la volonté du ministère de l’éducation nationale d’intégrer rapidement les filières santé dans la réforme LMD. Selon lui, intégration ne signifie pas adaptation (nouvelle étiquette sur le cursus actuel) ; c’est avant tout l’occasion de réfléchir sur une réforme complète de notre cursus actuel.

L’ANEMF s’est toujours montrée prête à entrer dans la réforme, consciente des avantages que cela pourrait apporter aux étudiants en ce qui concerne la mobilité européenne, les possibilités de passerelles, la diversification des enseignements. Néanmoins, il convient d’être très prudent quant à l’application pratique de la réforme dans notre filière compte tenu de nos spécificités. Ainsi, au cours de la présentation, plusieurs interrogations ont été soulevées :
  • La forme du concours de P1 : il parait en l’état actuel des choses (remember PAES) très délicat d’envisager un nouveau projet consensuel concernant la réforme de la P1. La question est donc de savoir comment adapter la P1 actuelle à la réforme LMD. On s’oriente plutôt (autant vous dire que le débat n’est pas terminé) vers un statut quo avec possibilité de réorientation dans d’autres filières à l’issue du P1 par validation de crédits identiques à d’autres L1.
  • Les passerelles : les doyens proposent de scinder le numerus clausus en deux parties,une partie en fin de L1 et l’autre en début de L3 ou M1 (à hauteur de 5 ou 10 %) pour permettre des passerelles entrantes
  • Diplôme ou grade ? en fin de licence et/ou en fin de master
  • Problème de l’ECN
  • Diminution de la durée des deux premiers cycles + augmentation de la durée du 3ème cycle : vers un schéma en 5 plus 5 ans… Voilà de beaux débats en perspective… En effet, que ce soit de la part du ministère ou de la part des doyens, les projets abordés le sont tous sur le schéma 5 ans pour les deux premiers cycles (c’est-à-dire réduction d’un an pour cadrer au schéma commun à toutes les filières) et 5 ans pour le troisième (c’est-à-dire augmentation d’un an de la durée du troisième cycle). Les projets de réduction d’un an des deux premiers cycles actuels serait : réduction de 6 mois des trois premières années et réduction de 6 mois de la durée de l’externat. L’ANEMF a demandé s’il était envisageable sur le plan réglementaire de faire un master en 3 ans à priori, ce n’est pas vraiment prévu. Comme vous l’avez compris, il est très urgent que l’ANEMF se positionne sur ce point car en l’état actuel des choses rien n’a été voté en assemblée générale et la réduction d’un an nous pend au nez !!!
  • Master professionnel / master recherche ? Lors de cette réunion très instructive, nous n’étions pas au bout de nos surprises. En effet, Monsieur Feurstein nous a annoncé que la division des masters entre master professionnel et master rechercher est une spécificité française. Cette spécificité va donc être amené à disparaître et les deux masters fusionner. Cela signifie donc que si nous entrons dans la réforme LMD, nous n’aurons donc pas la possibilité d’avoir à la fois un master professionnel (en fin de deuxième cycle) et un master recherche (pour ceux qui ont validé leur M2 recherche), mais uniquement un seul et unique master.

Enfin, les doyens se sont montrés très attachés à l’autonomie des facultés de médecine et à la conservation du statut dérogatoire. Monsieur Feuerstein a répondu qu’au contraire l’application de la réforme LMD et la plus grande intégration des composantes médicales dans l’université permettrait de justifier avec précision du nombre de poste pourvus en médecine. En gros, nous n’avons rien à cacher, n’ayons pas peur…


L’ANEMF s’est donc, au cours de cette deuxième CPNEM, clairement exprimé en faveur de l’intégration des étudiants dans la réforme LMD et a insisté sur son attachement à une sélection après une année de cursus universitaire, le développement des passerelles entrantes et sortantes, l’importance de l’enseignement clinique, particularité française qui fait de nos études parmi les plus attrayantes en Europe. Néanmoins, nous avons pu constater que cette réforme va sans aucun doute nous conduire vers un cursus en 5 + 5 et vers un master unique. Il est donc très urgent que l’ANEMF prenne une position claire concernant ces deux points notamment : de beaux débats en perspective !




Pour l’ANEMF
Sylvain ICETA, Président
Laurent CARTERON, Vice-Président Etudes Médicales
Vivien TRIFFAUX, Chargé de Mission CPNEM