Cette commission Bach réunissant des doyens et des représentants de la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur a consulté des représentants de chaque filière : pharmacie, médecine, maïeutique et odontologie avant de publier son rapport.
Les grandes lignes de la commission BACH :
1 : Mise en place d’un programme commun entre les 4 filières médecine, pharmacie, dentaire, sage femme constituant la L1 santé.
Programme complètement commun pour le premier semestre (S1) et ajout de modules spécifiques propres à chaque filière au deuxième semestre (S2), les étudiants pouvant s’inscrire à 1 ou plusieurs concours s’ils le souhaitent. Un programme pédagogique complet détaillé laissant l’autonomie pédagogique des facultés, mais cadrant le tout pour éviter que n’importe qui fasse n’importe quoi et avoir une unité entre les facultés.
2 : Orientation active des lycéens, développer les entretiens individuels à l’entrée de l’université.
Une information précoce et diversifiée auprès des lycéens sur les études et les métiers de la santé, au lycée dès la seconde, puis après le dépôt d’un dossier d’inscription en L1 Santé, en imposant un entretien avec des enseignants, soulignant la difficulté et la longueur des études de chacune de ces filières.
3 : Réorientation après S1 ou S2 + redoublement différé après 18 ou 12 mois.
Réorienter le plus rapidement possible les étudiants n’ayant pas encore le niveau nécessaire pour les filières auxquelles ils aspirent : les étudiants ayant moins de 7/20 au premier ou deuxième demi concours ont statistiquement très peu d’espoir d’être reçus en doublant. Cette réorientation laisserait la possibilité aux étudiants, de recommencer une L1 Santé après une remise à niveau scientifique de 18 ou de 12 mois selon qu’ils ont été réorientés après le S1 ou après le S2.
4 : Prime au primant.
Limiter le redoublement en favorisant la réussite au premier concours (bonus de 1 point aux primants) sans pénaliser les redoublants (adaptation du numerus clausus).
5 : Introduire de la culture générale dans l’épreuve de SHS.
Enrichir le programme pédagogique de première année en renforçant les enseignements de sciences fondamentales et en restructurant les sciences humaines et sociales avec introduction de la santé publique et de la culture générale, sans oublier l’information sur les métiers de la santé.
6 : Soutien financier au tutorat.
Généraliser et renforcer le tutorat des étudiants de première année, avec l’aide d’un soutien financier public. (volonté d’anéantir les boites privées et la sélection par l’argent).
7 : Moderniser l’enseignement avec les nouvelles technologies.
Moderniser les méthodes pédagogiques en menant en parallèle un encadrement direct par les enseignants et un soutien informatique s’appuyant sur des documents numériques standardisés et l’accès généralisé des étudiants à un ordinateur.
8 : Nouvelles passerelles entrantes en L2.
Mettre en place de nouvelles passerelles entrantes en L2 Santé pour les étudiants titulaires d’un Master scientifique ou d’un diplôme de certaines professions paramédicales avec les remises à niveau nécessaires.
9 : Petit concours.
Favoriser l’accès en L2 Santé d’un nombre limité de titulaires d’un Baccalauréat autre que scientifique par la création d’un deuxième concours.
10 : Passerelles de sortie.
Créer avec les équivalences nécessaires de nouvelles possibilités pour les étudiants non reçus au concours, mais ayant validé le L1, leur donnant une entrée accélérée dans des cursus universitaires scientifiques, santé, formations paramédicales ou autres cursus professionnalisants.
La position de l’ANEMF.
L’ANEMF appuie la nécessité du travail d’information en amont sur l’ensemble du cursus médical :un choix éclairé et d’une réelle motivation pour être médecin, en toute connaissance du métier permettant, de plus, de diminuer le nombre d’inscriptions et de réduire ainsi la surcharge des amphithéâtres.
Nous sommes bien sûr favorables à l’aide au développement des tutorats et au dépoussiérage du programme auquel il est important de redonner un intérêt pédagogique plus que sélectif !
L’ANEMF s’est opposée à :
La sélection post bac et la mise en place d’un oral à visée sélective : trop subjectif et non révélateur des capacités de l’étudiant à devenir un bon médecin !
L’augmentation du numérus clausus sans augmentation des moyens financiers et logistiques permettant une formation de qualité pour tous les étudiants.
La prime au primant et le petit concours parallèle pour les étudiants ayant eu un bac non S.
Le rapport de la commission Bach est sur le bureau de la ministre depuis fin janvier, l’application de cette réforme initialement prévue pour la rentrée 2008 semble peu réaliste et repoussée à septembre 2009...
En mars 2008, le ministère s’était prononcé en faveur de cinq des propositions initiales du rapport Bach :
*mise en place de 4 concours (pharmacie, médecine, odontologie, maïeutique) *orientation active des lycéens *réorientation après le 1er semestre et 2ème semestre *renforcement des tutorats *équivalence des L1 et diversificaion des passerelles entrantes et sortantes
...les autres propositions n’ayant a priori pas été retenues, nous restons vigilants cependant.
En attendant les décisions ministérielles sur la mise en place de cette réforme, les élus locaux doivent tout faire pour anticiper les difficultés d’application pratique : accueil des étudiants d’autres filières, préparation des tutorats, polys, adaptation des programmes...
Pour plus d’information et toutes les réponses à vos questions sur ce sujet, nous vous invitons à venir débattre de cette réforme ici :

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